La résidence est lancée !

Sous le thème de « rêver les Fab Labs », la première semaine de résidence a été officiellement lancée lundi le 27 mai 2013 à l’Insectarium de Montréal. Accueillie chaleureusement par les Fourmis Atta qui gardaient l’entrée du musée, l’équipe des résidents s’est installée dans la future salle de co-création de l’Insectarium. En un coup trois mouvements, l’espace a été aménagé en trois stations animées : l’aire de construction, l’heure du conte et l’espace de discussion. Les participants ont ainsi été invités à suivre un parcours ludique qui les permettait de se familiariser avec la philosophie et les pratiques des Fab Labs.

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Les Fab Labs sont des ateliers de création ouverts à la communauté, où l’on trouve toute sorte d’outils, de machines et surtout des gens passionnés. Actuellement, on assiste à l’émergence d’un mouvement mondial de mordus de la fabrication citoyenne qui cherchent à promouvoir l’implantation de ce type d’ateliers partout. Des État-Unis au Japon, en passant par le Ghana et la Norvège, il s’agit d’une véritable ébullition de créativité, de débrouillardise et de renforcement du tissu social. En effet, au coeur même du modèle, reposent les principes d’accessibilité, de connexion (entre générations, domaines, disciplines, etc.) et d’innovation. Ainsi, les communautés qui se dotent d’un atelier, se dotent aussi d’un moyen de dynamiser les relations humaines, d’accroître leur capital social et de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté.

Des solutions locales, à des enjeux locaux

Souvent, quand on décrit les Fab Labs, on dit que se sont des espaces « où l’on peut fabriquer presque n’importe quoi ». Ce qui ne veut pas dire fabriquer « du n’importe quoi ». Les personnes qui fréquentent les Fab Labs, y trouvent les outils, les équipements et les connaissances nécessaires pour répondre de façon adaptée à leurs défis particuliers. Il s’agit donc d’une personnalisation de la fabrication. Ce qui est remarquable, c’est que tout en répondant à des besoins très spécifiques, parfois même uniques, c’est à travers un véritable effort collectif que l’on parvient à réaliser son objectif. C’est le cas du bol à chat anti-degâts, l’une des anecdotes que les participants ont pu entendre hier à l’Insectarium. À Montréal, un groupe d’élèves du primaire ont décidé de régler une fois pour toutes le problème du gaspillage de la nourriture de chat. Grâce au travail en équipe, ils ont réussi à inventer un prototype de bol qui empêche la nourriture de tomber par terre. Au Fab Lab d’Amsterdam, une équipe travaille depuis deux ans à la fabrication d’une prothèse de jambe qui coûterait moins de 50 dollars. Le projet sera bientôt achevé et contribuera ainsi à l’accessibilité de ce type de soins partout dans le monde.

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De quoi être inspiré !

Comme on le soulignait au tout début de cet article, le but de la première semaine de résidence est de rêver, de laisser libre cours à l’imagination et d’explorer les possibilités qui s’ouvrent à nous avec les Fab Labs. Pendant cette première journée, nous avons eu la visite d’une vingtaine d’élèves de sixième année de l’école au Pied de la Montagne. Les jeunes et leurs accompagnateurs ont participé à l’ensemble du parcours et nous ont livrés leurs impressions. L’un des commentaires qui nous a le plus marqué, est en lien avec la façon de travailler. Dans un Fab Lab, l’erreur est considérée comme une source d’apprentissage et on ne cherche pas du tout à l’éviter. Les jeunes avaient l’air d’avoir beaucoup apprécier le fait de ne pas ressentir la pression qui est parfois liée à l’attente d’un résultat spécifique, le « bon résultat ». Par ailleurs, ils ont aussi aimé travailler en équipe et mettre la main à la patte en fabriquant une chaise en carton.

Après la visite des écoliers, nous avons ouvert les portes au grand public et nous avons accueilli une quarantaine de participants venant de milieux très variés. Certains connaissaient déjà le mouvement des Fab Labs et venaient pour s’impliquer d’une façon ou d’une autre à l’essor des ateliers au Québec. D’autres sont venus par simple curiosité, attirés par le caractère ludique et innovant des ateliers. Quoi qu’il en soit, une fois réunis, nous avons mis notre connaissance et nos souhaits personnels au profit d’un rêve collectif plus grand : celui de voir éclore dans nos communautés des espaces ouverts et accueillants où tous ceux et celles qui le souhaitent peuvent se donner les moyens de rêver, d’imaginer et de créer un monde meilleur.

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Chacun à sa façon

À travers les échanges que nous avons eu avec les participants, nous avons constaté qu’il est difficile de rêver et d’imaginer ce qui serait possible avec un Fab Lab sans savoir d’abord ce qu’est un Fab Lab. Ceci dit, notre intention n’étant pas de rentrer dans les détails, nous avons avant tout cherché à donner un bref aperçu du modèle et nous avons privilégié d’explorer ce qui touche personnellement les participants. Pour certains, il s’agit d’une façon de reconnecter avec la jeunesse à travers un thème branché et ainsi contrer le décrochage scolaire. D’autres y voient la possibilité d’oeuvrer au niveau de la réinsertion socio-professionnelle. Pour d’autres, il s’agit de donner au plus grand nombre la possibilité de créer et de passer de l’idée à la matière tout en se rapprochant des autres. Bref, que des pistes que nous allons continuer à explorer dans les deux prochaines journées :  mardi le 28 à Longueil et mercredi le 29 à Laval.

Pour célébrer cette semaine et découvrir notre récolte, nous vous invitons à venir jeudi le 30 mai de 6pm à 8pm au Santropol Roulant (111 Roy Est, Montréal).

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Publié dans Compte-rendu des événements

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